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Festival Tréteaux Nomades 2009
Reportage France 3 Ile de de France - 22 août

affiche 2006
Festival 2006
affiche 2007
Festival 2007
affiche 2008
Festival 2008
affiche 2009
Festival 2009

Un festival consacré au théâtre de tréteaux. C'est-à-dire à une forme ouverte, populaire, itinérante, destinée à la rue dans ce qu'elle a de spontané, de vivant, d'imprévisible. Et surtout destinée à tous, sans exclusion. Toute la tradition d'un art vivant, noble et précaire, traitant de son époque. Celle de la commedia dell'arte, d'abord, que consolida Goldoni, qui inspira Molière, et que Strehler a su remettre en vie. Mais aussi une dynamique contemporaine qui se poursuit sous nos yeux avec le slam, la poésie, ou un théâtre engagé dans son siècle. Un festival, mais est-ce bien le mot ? Un moment d'expérimentation, d'apprentissage commun, de joie d'être ensemble pour partager de la beauté et du réel, où le geste artistique est vécu dans ce qu'il a de plus profond et, (du quinzième siècle à nos jours), de plus contemporain.
Dans cette «Italie» éclatée aux dialectes hétéroclites, où il fallait s'aider de gestes et de sons pour être compris d'une région à l'autre, la commedia des débuts naquit du besoin de parler de son temps. Ces contraintes ont créé une forme. Un art populaire plein d'humour, qui appelle la réponse. Des chants, des danses, des masques, des combats d'escrime, la figure caricaturée des types sociaux, l'improvisation. Et les femmes pour la première fois étaient sur scène.

Aujourd'hui, la danse et la musique tiennent aussi une grande place dans les formes urbaines issues du mouvement hip hop et dans le slam. Comme dans les traditions occitanes ou Corses, les "joutes" ont un vrai rôle d'émulation dans ces formes nées outre-atlantique qui portent la mémoire de l'Afrique.
Montrer la profonde proximité entre des pratiques aussi historiquement et culturellement éloignées que la commedia dell'arte et le slam, c'est rappeler une chose essentielle. Le théâtre est en vie, il n'a jamais cessé de l'être. Par-delà les cours et les académies, il n'a jamais manqué, en utilisant ou en contournant les contraintes, d'être le porte-voix des peuples dans ce qu'ils ont de plus noble, leurs aspirations collectives, leurs émotions, leur histoire et leurs rêves. Ces formes en apparence si différentes sont issues d'une même nécessité. Une nécessité qui évolue avec le temps l'espace et les situations politiques. Une nécessité qui, de siècle en siècle, demande à chaque fois des réponses nouvelles.

Avec ce festival qui est bien plus qu'un festival, le Mystère Bouffe veut rendre vivant et manifeste le fil invisible et immémorial qui les relie et continue à s'inventer. L'essence même du théâtre, cet «art vivant» issu d'un profond courant d'oralité qui remonte aux sources de notre histoire. Montrer que c'est toujours, sous ses mille avatars, le même fil invisible d'une parole qui s'adresse à l'ensemble de la collectivité humaine, à toutes les composantes d'un peuple. Pour qu'il tente, avec les mots, la musique, les gestes et les symboles, de s'inventer un avenir.

Nicolas Roméas - juin 2006
(Directeur de Cassandre-Horschamp)
 
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